Mieux comprendre pour mieux sauver des vies
Chaque année, le 14 février marque la Journée mondiale de sensibilisation aux cardiopathies congénitales. Si cette date évoque l’amour dans de nombreux pays, elle est aussi l’occasion de parler d’un autre cœur : celui des enfants nés avec une malformation cardiaque.
Qu’est-ce qu’une cardiopathie congénitale ?
Les cardiopathies congénitales sont des malformations du cœur présentes dès la naissance. Elles résultent d’un développement anormal du cœur pendant la grossesse, souvent au cours des premières semaines de gestation.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, les malformations congénitales font partie des principales causes de mortalité néonatale dans le monde, et les cardiopathies congénitales représentent les anomalies congénitales les plus fréquentes.
On estime qu’environ 1 enfant sur 100 naît avec une anomalie cardiaque, avec des formes allant de légères (ne nécessitant qu’une surveillance) à sévères (exigeant une intervention chirurgicale urgente).
Les principales formes
Les cardiopathies congénitales peuvent être classées en deux grandes catégories :
1- Les cardiopathies non cyanogènes
Elles n’entraînent pas de coloration bleutée de la peau.
Exemples :
Communication interauriculaire (CIA)
Communication interventriculaire (CIV)
2- Les cardiopathies cyanogènes
Elles provoquent une cyanose (coloration bleutée des lèvres et des extrémités) liée à un défaut d’oxygénation du sang.
Exemple emblématique : la Tétralogie de Fallot.
Signes d’alerte chez le nourrisson
Difficulté à téter ou fatigue excessive lors des repas
Retard de croissance
Respiration rapide ou essoufflement
Transpiration excessive
Cyanose (lèvres ou doigts bleutés)
Un dépistage précoce peut sauver des vies. L’échographie obstétricale, notamment au deuxième trimestre, permet parfois un diagnostic anténatal. Après la naissance, l’oxymétrie de pouls et l’examen clinique sont essentiels.
Enjeux en Afrique : un défi d’accès aux soins
Dans de nombreux pays africains, le diagnostic est souvent tardif, en raison :
du manque d’équipements spécialisés (échocardiographie pédiatrique),
du nombre limité de cardiopédiatres,
du coût élevé des interventions chirurgicales.
Pourtant, avec une prise en charge adaptée, plus de 85 % des enfants atteints peuvent survivre et mener une vie quasi normale.
Renforcer le dépistage néonatal, former les professionnels de santé et développer les centres de chirurgie cardiaque pédiatrique sont des priorités majeures pour réduire la mortalité liée à ces pathologies.
Prévention : est-ce possible ?
Toutes les cardiopathies congénitales ne peuvent pas être évitées. Cependant, certains facteurs de risque peuvent être réduits :
Suivi prénatal régulier
Supplémentation en acide folique
Vaccination contre la rubéole avant la grossesse
Contrôle du diabète maternel
Éviction de l’alcool et des substances toxiques pendant la grossesse
Un message d’espoir
La Journée mondiale de sensibilisation aux cardiopathies congénitales est un appel à :
Sensibiliser les familles
Soutenir la recherche
Plaider pour un meilleur accès aux soins spécialisés
Briser la stigmatisation
Un enfant né avec une cardiopathie congénitale n’est pas condamné. Avec un diagnostic précoce, un accompagnement médical adapté et un système de santé renforcé, son cœur peut continuer à battre longtemps — et fort.
À l’occasion de cette journée, engageons-nous à écouter ces petits cœurs, à soutenir leurs familles et à faire de la santé cardiaque pédiatrique une priorité de santé publique.


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