Le gouvernement éthiopien a officiellement déclaré la fin de sa première épidémie de maladie à virus Marburg (MVM) après la mise en place d’une surveillance renforcée et la fin de la période de suivi obligatoire, aucun nouveau cas confirmé n’ayant été signalé pendant 42 jours consécutifs. L’épidémie, initialement confirmée le 14 novembre 2025 dans la région du sud de l’Éthiopie, a été maîtrisée en moins de trois mois grâce à une intervention rapide et coordonnée menée par le gouvernement et soutenue par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Dès le début de l’épidémie, l’OMS a travaillé en étroite collaboration avec le ministère de la Santé et l’Institut éthiopien de santé publique (EPHI) afin de soutenir les efforts de riposte aux niveaux national et infranational. Le bureau de l’OMS en Éthiopie a joué un rôle essentiel dans la coordination des opérations de riposte et a fourni un appui technique et opérationnel continu dans tous les domaines d’intervention, notamment le leadership et la coordination, la surveillance, les analyses de laboratoire, la prise en charge des cas, la prévention et le contrôle des infections, la logistique, la communication des risques et la mobilisation communautaire.
Au total, 14 cas confirmés ont été recensés lors de l’épidémie, dont neuf décès et cinq guérisons. Cinq décès étaient considérés comme des cas probables. L’épidémie a touché quatre districts : Jinka, Malle et Arba Minch dans la région du Sud de l’Éthiopie, et Hawassa dans la région de Sidama, ce qui a entraîné la mise en œuvre et le renforcement rapides des mesures de riposte. Celles-ci comprenaient le dépistage actif des cas, l’isolement et les soins de soutien, un traçage exhaustif des contacts, le renforcement des mesures de prévention et de contrôle des infections dans les établissements de santé et la mobilisation des communautés touchées.
Au total, 857 contacts ont été identifiés et suivis pendant 21 jours. Trois agents de santé ont été infectés au cours de l’épidémie ; deux sont décédés et un a guéri, ce qui souligne à la fois la gravité de la maladie à virus Marburg et l’importance cruciale des mesures de prévention et de contrôle de l’infection.
L’OMS a activé ses mécanismes d’intervention d’urgence dans les 24 heures suivant la confirmation de l’épidémie, en appui à la riposte menée par les gouvernements. Dans le même temps, l’OMS a déployé 36 experts dans les zones touchées et a redéployé 28 personnes supplémentaires pour renforcer les opérations sur le terrain. Ces équipes ont fourni une assistance technique dans les domaines suivants : surveillance et recherche des contacts, diagnostics de laboratoire, prise en charge des cas, prévention et contrôle des infections, coordination et logistique.
L’OMS a également mobilisé et acheminé des fournitures d’urgence essentielles. Celles-ci comprenaient du matériel et des équipements de laboratoire, des fournitures pour lutter contre les fièvres hémorragiques virales, du matériel pour la mise en place et le fonctionnement des centres de traitement et d’isolement, ainsi que des véhicules pour faciliter les déplacements sur le terrain. Ces contributions ont permis d’accroître rapidement les capacités de diagnostic, de renforcer la prise en charge des patients et de soutenir une lutte efficace contre l’épidémie en première ligne. Garantir l’application systématique des protocoles standard de riposte à la maladie à virus Marburg constituait un autre volet fondamental du soutien apporté par l’OMS.
« La maîtrise rapide de cette épidémie témoigne d’un leadership national fort, d’une coordination efficace et du dévouement des intervenants de première ligne et des communautés », a déclaré l’honorable Dr Mekdes Daba, ministre de la Santé. « Le maintien d’un niveau de préparation adéquat demeure essentiel pour protéger la population contre les futures menaces pour la santé publique. »
La riposte a été facilitée par les investissements antérieurs de l’Éthiopie en matière de préparation aux situations d’urgence sanitaire, notamment le renforcement des capacités des laboratoires, des systèmes de surveillance des maladies, la mise en place d’une main-d’œuvre d’urgence formée et la coordination via le Centre des opérations d’urgence de santé publique. Ces capacités, soutenues par des initiatives telles que le Projet éthiopien multisectoriel de prévention, de préparation et de riposte à une pandémie et le programme AVoHC-SURGE, ont permis un dépistage précoce, l’intensification des diagnostics, le déploiement des intervenants et la continuité des services de santé essentiels.
« L’OMS salue les mesures opportunes prises par le ministère de la Santé et le gouvernement éthiopiens et reste déterminée à soutenir les efforts nationaux visant à renforcer les capacités de prévention, de détection et de réponse aux futures urgences de santé publique », a déclaré le Dr Francis Chisaka Kasolo, représentant de l’OMS en Éthiopie. « La réaction de l’Éthiopie face à l’épidémie de Marburg souligne l’importance d’une préparation continue et d’une coordination efficace. »
Les autorités nationales et leurs partenaires mettent en œuvre des programmes de suivi pour soutenir les survivants de Marburg dans le cadre des efforts de relèvement et de la planification de la préparation. Des bilans sont également en cours afin de tirer les enseignements de l’expérience et de renforcer la préparation aux futures épidémies.
« La préparation a permis de gagner du temps, et ce temps a sauvé des vies », a déclaré le Dr Senait Tekeste Fekadu, responsable de la gestion de l’incident à l’OMS pour la riposte à la maladie à virus McKinsey. « La fin rapide de cette épidémie témoigne de la résilience du système de santé, renforcée par un développement continu des capacités, et souligne la nécessité de poursuivre les investissements dans la préparation. »
La maladie à virus Marburg est une affection grave, souvent mortelle, causée par le virus Marburg. Elle se transmet à l’homme par les chauves-souris frugivores et se propage par contact direct avec les fluides corporels de personnes infectées ou avec des matières contaminées. Une prise en charge précoce améliore les chances de survie. Bien qu’aucun vaccin ni traitement ne soit actuellement homologué, plusieurs candidats font l’objet d’essais cliniques.


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