Ce vendredi 20 février 2026, le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a animé, à Ouagadougou, une conférence de presse sur la baisse historique des cas et décès liés au paludisme en 2025 au Burkina Faso.
Cette rencontre avec les hommes et femmes de médias avait pour objectif de présenter les résultats obtenus, d’expliquer les facteurs ayant contribué à cette évolution positive et de réaffirmer l’engagement du gouvernement dans la lutte contre le paludisme au Burkina Faso.
Dans sa déclaration liminaire, le ministre Kargougou a salué un tournant majeur dans la lutte contre le paludisme, en qualifiant d’« historiques » les résultats enregistrés en 2025.
Selon les statistiques, le nombre total de cas est passé de 10 805 020 en 2024 à 7 329 278 en 2025, soit une baisse de plus de 32 %, représentant plus de 3,4 millions de cas évités en une seule année. Chez les enfants de moins de cinq ans, les plus vulnérables, la réduction atteint près de 39 %. La mortalité a également reculé de près de 44 %, avec environ 1 917 décès évités. Ces performances rompent nettement avec la tendance observée entre 2020 et 2024.
Pour Dr Robert Kargougou, ces avancées sont le fruit d’une volonté politique affirmée, impulsée par le Président du Faso, Ibrahim Traoré, à travers son appel à l’assainissement et à l’appropriation communautaire lancé fin 2023 et d’une mobilisation nationale renforcée.
« Parmi les actions structurantes de 2025 figure la création du Comité national multisectoriel de lutte contre le paludisme (CONAMEP), destiné à améliorer la coordination des interventions. La campagne nationale de distribution gratuite de près de 15 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide de nouvelle génération a constitué un pilier central de cette stratégie. Lancée à Komsilga par le Premier ministre, cette campagne a mobilisé plus de 33 000 volontaires communautaires et 7 000 agents de santé, y compris dans des zones à défi sécuritaire », a-t-il souligné.
Il a aussi martelé que les efforts ciblant les groupes vulnérables ont également été déterminants. Près de 4,9 millions d’enfants de moins de cinq ans ont bénéficié de la chimio-prévention saisonnière pendant 5 mois durant la saison de haute transmission. La vaccination gratuite contre le paludisme a été étendue aux 70 districts sanitaires depuis août 2025. À cela s’ajoutent le traitement préventif intermittent chez les femmes enceintes, le renforcement du diagnostic précoce et l’amélioration de la prise en charge des cas.
Au-delà de l’impact sanitaire, le premier responsable du département de la santé indique que les retombées sont aussi sociales et économiques. Les économies réalisées par les ménages en coûts directs de santé sont estimées à plus de 15 milliards de francs CFA selon les premières estimations sans compter les dépenses indirectes évitées, telles que le transport ou les pertes de revenus.
Fort de ces résultats, le gouvernement affiche un objectif ambitieux : éliminer le paludisme au Burkina Faso d’ici 2030. Pour y parvenir, les autorités entendent consolider les interventions à fort impact, intensifier l’assainissement du cadre de vie et garantir un financement durable de la lutte.


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