Sommet mondial de la santé : la Tunisie veut renforcer la souveraineté sanitaire et la production locale

1 0
Read Time:3 Minute, 25 Second

À Berlin, la Tunisie défend une coopération sanitaire fondée sur des partenariats équilibrés, la production locale de médicaments et le renforcement des capacités des pays face aux crises. Une orientation qui résonne particulièrement en Afrique.

 

Berlin – 12 octobre 2026. La question de la souveraineté sanitaire s’impose progressivement comme l’un des grands enjeux de la santé mondiale. À l’occasion du Sommet mondial de la santé, la Tunisie a porté à Berlin un message clair : les pays doivent être davantage en mesure de répondre à leurs propres besoins sanitaires, tout en développant des coopérations internationales fondées sur l’équilibre et le partage des compétences.

 

Lors d’une réunion de haut niveau réunissant notamment des responsables allemands et le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les autorités tunisiennes ont insisté sur la nécessité de renforcer les systèmes de santé nationaux et de réduire les vulnérabilités liées aux dépendances extérieures.

 

Produire localement pour mieux répondre aux crises

 

Pour la Tunisie, la souveraineté sanitaire passe d’abord par le développement des capacités nationales. La fabrication locale de médicaments, de vaccins et de produits pharmaceutiques figure ainsi parmi les priorités mises en avant.

 

Cette orientation prend une résonance particulière sur le continent africain. Les crises sanitaires récentes ont rappelé l’importance, pour les pays, de pouvoir accéder rapidement aux médicaments, vaccins et autres produits essentiels sans dépendre exclusivement de chaînes d’approvisionnement internationales parfois fragiles.

 

La Tunisie plaide également pour l’élargissement de la couverture sanitaire, l’amélioration de l’accès aux traitements et le renforcement des capacités nationales de préparation et de réponse aux épidémies.

 

« One Health » : penser la santé au-delà de l’hôpital

 

Autre axe mis en avant à Berlin : l’approche « One Health » ou « Une seule santé ».

 

Cette approche considère que la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont étroitement liées. Elle constitue notamment un levier important pour anticiper les maladies émergentes, renforcer la surveillance épidémiologique et mieux coordonner les réponses aux crises sanitaires.

 

Pour les pays africains confrontés à des épidémies récurrentes et à des risques sanitaires transfrontaliers, cette approche représente un enjeu stratégique.

 

La Tunisie et l’Indonésie misent sur la coopération pharmaceutique

 

En marge du sommet, une rencontre de travail a réuni le ministre tunisien de la Santé et son homologue indonésien, Budi Gunadi Sadikin.

 

Les deux pays ont convenu de travailler à l’élaboration d’un mémorandum d’entente portant notamment sur la fabrication de médicaments, de vaccins et de produits pharmaceutiques.

 

La coopération devrait également concerner les autorités chargées de la réglementation pharmaceutique et de la sécurité sanitaire des aliments. Des échanges d’experts et de responsables institutionnels sont prévus afin de transformer les opportunités identifiées en projets concrets.

 

Une dynamique qui intéresse l’Afrique

 

Au-delà de la coopération entre Tunis et Jakarta, cette initiative pose une question centrale pour le continent africain : comment passer d’une dépendance importante aux importations sanitaires à une véritable capacité de production et d’innovation locale ?

 

Pour l’Afrique, le développement d’industries pharmaceutiques locales, le transfert de technologies, la formation des compétences et la mutualisation des capacités entre pays pourraient contribuer à renforcer la résilience des systèmes de santé.

 

Le renforcement du rôle de l’Africa CDC et de l’OMS figure également parmi les orientations défendues par la Tunisie, notamment pour accompagner les pays dans la prévention et la gestion des épidémies.

 

De la dépendance à la coproduction

 

Le message porté à Berlin dépasse ainsi la seule question de l’accès aux soins. Il interroge le modèle de coopération sanitaire lui-même.

 

Pour les pays africains et leurs partenaires, l’enjeu pourrait être de construire progressivement une coopération davantage fondée sur le transfert de compétences, la coproduction, l’innovation et le développement des capacités locales.

 

Car en matière de santé, être capable de produire, de réguler et d’innover localement ne constitue plus seulement un avantage économique. C’est aussi un enjeu de résilience et de sécurité sanitaire.

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

About Author