OMS : Prise en charge des enfants atteints d’Ebola en République démocratique du Congo

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En seulement trois mois, l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est devenue la plus importante jamais enregistrée dans le pays. Si les adultes représentent la majorité des cas, les enfants de moins de cinq ans présentent le taux de létalité le plus élevé, supérieur à 60 %, contre environ 40 % chez les adultes. Ils représentent également la plupart des décès survenant en dehors des centres de traitement d’Ebola, que ce soit à domicile ou dans des centres de santé où ils ne sont pas identifiés comme des patients atteints d’Ebola.

 

« Le taux de létalité chez les enfants de moins de cinq ans atteints du virus Bundibugyo reste plus élevé que chez les enfants plus âgés et chez les adultes. Cela correspond aux précédentes épidémies d’Ebola, où les données montrent que les moins de cinq ans présentent un risque de mortalité plus élevé que les autres groupes d’âge », explique le Dr Daniel Youkee, responsable de la prise en charge des cas d’Ebola à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

 

« Les jeunes enfants ont une réserve physiologique plus faible et un système immunitaire qui n’est pas encore pleinement développé. Ils nécessitent une attention constante et des soins particuliers. Ils ont besoin d’une expertise spécifique, d’équipements et de médicaments qui ne sont parfois pas facilement disponibles. Les kits standardisés doivent inclure du matériel adapté aux enfants ainsi que des médicaments dont la posologie et la présentation sont spécifiques à la pédiatrie », explique-t-il. « Le personnel doit être formé aux protocoles pédiatriques, notamment à la prise en charge de l’hypoglycémie et du choc ionique chez les enfants. »

 

Les orientations cliniques de l’OMS recommandent une surveillance étroite de la glycémie, une gestion prudente des fluides et des électrolytes, le traitement du choc et des infections bactériennes suspectées, ainsi qu’une évaluation clinique continue tout au long de la guérison. L’OMS et ses partenaires travaillent en étroite collaboration avec les autorités nationales et les cliniciens pour renforcer la qualité et la spécificité des soins ainsi que d’autres aspects essentiels tels que les services de laboratoire, les fournitures médicales et la coordination d’urgence, afin de garantir aux enfants comme aux adultes un traitement et des soins de qualité en temps opportun.

 

Selon le Dr Chaka Keita, pédiatre à ALIMA, une ONG partenaire de la réponse, qui gère cinq centres de traitement dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie, l’état d’un enfant atteint d’Ebola peut se dégrader très rapidement en raison de sa vulnérabilité physique. Il souligne que le stress émotionnel lié à l’isolement et au traitement pèse également plus lourdement sur les enfants et doit être pris en compte par les professionnels de santé.

 

« L’isolement est un facteur majeur de stress émotionnel, d’agitation et d’irritabilité », souligne le Dr Keita. « Les soins doivent donc être complets et holistiques. Au-delà du traitement médical, les enfants ont besoin d’une présence constante, d’un soutien émotionnel, de petits repas fréquents tout au long de la journée, et de la présence indispensable d’un proche durant tout le parcours de traitement et de guérison. »

 

Les partenaires de la réponse mettent en place des mesures visant à impliquer les personnes guéries d’Ebola, dans la prise en charge d’autres personnes. L’immunité acquise par ces survivants leur permet de travailler plus facilement dans les zones à haut risque. De plus, les centres de traitement d’Ebola sont toujours aménagés de manière à garantir une sécurité optimale à l’ensemble des patients et du personnel de santé.

 

« Dans la mesure du possible, tout doit être fait pour maintenir les enfants auprès de leurs proches », affirme le Dr Youkee. « Les centres de traitement ont été adaptés pour permettre au personnel d’interagir davantage avec les enfants sans avoir à porter d’équipement de protection individuelle et pour faciliter les visites familiales. »

 

Les enfants peuvent également participer, avec le consentement de leurs parents, à l’essai clinique en cours portant sur un traitement contre le virus Bundibugyo, ce qui leur offre des chances supplémentaires de survie.

 

Alors que les agences impliquées dans la réponse poursuivent leurs efforts pour améliorer les résultats chez les enfants, des défis persistent, notamment la pénurie d’équipements médicaux adaptés à la pédiatrie, l’insuffisance de personnel infirmier pour surveiller de près les jeunes enfants, et la nécessité de maintenir les soins de routine tels que les programmes de vaccination pendant toute la durée de l’épidémie.

 

 

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