Les communautés néphrologiques internationales, nationales, régionales et locales ont opéré depuis moins d’une décennie à un volte-face « sans précédent » vers la prévention des maladies rénales et de leurs facteurs de risque. Le traitement de suppléance rénale par dialyse et transplantation n’a plus seule, la primeur de leurs actions et résolutions au vu des enjeux majeurs en santé publique de la maladie rénale chronique.
« La santé rénale pour tous, prendre soin des autres, protéger la planète » ou en Anglais ‘Kidney healthy for all, caring for people, protecting the planet » sont les thèmes de cette 21e journée mondiale du Rein.
Ce volte-face 1-fut responsable.
Dépenser, oui mais autrement, pas uniquement dans le soin et les thérapeutiques: la santé rénale à un prix, mais plus à n’importe lequel aux échelles individuelles, familiales, communautaires et institutionnelles.La maladie qui n’est autre que la mauvaise santé coûte extrêmement cher, surtout à son stade terminal; ce qui n’est pas toujours à la portée de toutes les bourses citées plus haut que les revenus des peuples et des nations soient jugés faibles, intermédiaires ou élevés. Investir et s’investir dans la prévention a été une décision responsable de ce siècle pour réduire de façon significative l’impact socio-économique de la morbidité et de la mortalité rénale.
Ce volte-face 2-est durable.
En matière de reconnaissance et dépistage précoces par les médecins non néphrologues des maladies rénales aiguës, l’apanage des pays à faibles revenus (11 sur les 13 millions de cas incidents annuels) ou des formes chroniques (prévalence mondiale d e 1 0 % ) , l e c o n s t a t n ’ e s t p a s t o u j o u r s s a t i s f a i s a n t .
Fort heureusement, les lignes bougent dans le Monde et en Afrique avec la Maladie Rénale Chronique (MRC) nouvellement déclarée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)*, une maladie chronique non transmissible majeure, une « NCD » (Noncommunicable Disease).
*The WHO Kidney Health Resolution.
Elle rejoint à ce titre le diabète, l’AVC, le cancer, les maladies cardio-vasculaires et affections respiratoires.
Des sous-branches de la spécialité ont vu le jour comme la néphrologie verte et la bionéphrologie dans l’effort commun de mieux prévenir la maladie à tous les niveaux de la spécialité, au sein des populations générales, à risque ou malades dont les individus en stade terminal. Se multiplient des guidelines internationales, nationales en ce sens avec le développement d’outils pédagogiques différents (formats digitaux, webinaires, campagnes de dépistage, cours d’éducation en santé, 13377 abonnés de la page LinkedIn World kidney day…) pour que patients, aidants et familles poursuivent ce changement de paradigme dans leurs environnements de proximité.
Ce volte-face 3-sera utile.
C’est l’enjeu planétaire de toute notre discipline médicale, partagée entre innovation responsable et performance durable. Prévenir, soigner, traiter en réduisant l’empreinte carbone en néphrologie, dialyse et transplantation. Plus de 900.000 tonnes annuelles de déchets plastiques en dialyse: ça fait réfléchir, sans oublier la consommation excessive en eau. Vouloir réduire demain le nombre et la gravité des maladies rénales chroniques et prolonger l’espérance de vie en bonne santé des citoyens, demande à maîtriser aujourd’hui le nombre et la gravité des situations à risque, des comportements à risque et des facteurs de risque modifiables ( maladie rénale aiguë, diabète, hypertension artérielle, obésité, VIH, médicaments, prématurité, tabagisme, calculs, réchauffement climatique etc…).Tout ceci contribue à protéger la planète car la MRC, par le biais de toutes ses causalités diverses et variées, ces facteurs de risque multiples, reste la maladie environnementale silencieuse par excellence, de ce siècle.
Nous terminerons par la citation d’un imminent néphrologue,
le Professeur Grünfeld: « La prévention dépend des connaissances que nous avons des mécanismes physiopathologiques des maladies ».
La connaissance fut, est et sera elle aussi, responsable, durable et utile.
Protéger Vous, protéger les Autres, protéger la Planète.
Références.
Primary Prevention of Kidney Disease 2007 (Néphrologie & Thérapeutique).
Global kidney health Atlas (GKHA) 2017, 2019. Kidney Disease Improving Global
Outcomes (KDIGO) 2024. Cindynics applied in nephrology 2025. A Historic Step for
Kidney Health: The United Nations Explicitly Recognizes Kidney Disease in the
Global NCD Agenda 2026.
Dr Erika Nnang Obada, pour Afiya, le 8 Mars 2026.


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