OMS : Plus de quatre millions de filles toujours menacées de mutilations génitales féminines

FGM tiles

0 0
Read Time:3 Minute, 22 Second

Déclaration conjointe du Directeur exécutif de l’UNFPA, du Directeur exécutif de l’UNICEF, du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, de la Directrice exécutive d’ONU Femmes, du Directeur général de l’OMS et du Directeur général de l’UNESCO à l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines

 

 

Rien qu’en 2026, on estime que 4,5 millions de filles – dont beaucoup ont moins de cinq ans – risquent de subir des mutilations génitales féminines (MGF). Actuellement, plus de 230 millions de filles et de femmes en subissent les conséquences à vie.

 

Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, nous réaffirmons notre engagement à mettre fin aux mutilations génitales féminines pour chaque fille et chaque femme à risque, et à continuer de travailler pour garantir que les personnes victimes de cette pratique néfaste aient accès à des services de qualité et appropriés.

 

Les mutilations génitales féminines constituent une violation des droits humains et sont injustifiables en toutes circonstances. Elles compromettent la santé physique et mentale des filles et des femmes et peuvent entraîner des complications graves et permanentes, dont le coût des traitements est estimé à environ 1,4 milliard de dollars américains par an.

 

Les interventions menées ces trente dernières années pour mettre fin aux mutilations génitales féminines portent leurs fruits : près des deux tiers de la population des pays où elles sont répandues se prononcent en faveur de leur élimination. Après des décennies de lenteur, les progrès dans la lutte contre les mutilations génitales féminines s’accélèrent : la moitié des avancées réalisées depuis 1990 l’ont été au cours des dix dernières années, réduisant ainsi le nombre de filles victimes de MGF d’une sur deux à une sur trois. Il est essentiel de capitaliser sur cette dynamique et d’accélérer les progrès pour atteindre l’objectif de développement durable visant à éliminer les mutilations génitales féminines d’ici à 2030.

 

Nous savons ce qui fonctionne. L’éducation sanitaire, la mobilisation des chefs religieux et communautaires, des parents et des professionnels de santé, ainsi que l’utilisation des médias traditionnels et sociaux sont des stratégies efficaces pour mettre fin à cette pratique. Nous devons investir dans les mouvements communautaires – notamment les réseaux de base et de jeunes – et renforcer l’éducation par des approches à la fois formelles et communautaires. Il est nécessaire d’amplifier les messages de prévention en impliquant les leaders d’opinion de confiance, y compris les professionnels de santé. Enfin, nous devons soutenir les victimes en leur garantissant l’accès à des soins de santé complets et adaptés à leur contexte, à un soutien psychosocial et à une assistance juridique.

 

Chaque dollar investi dans l’éradication des mutilations génitales féminines génère un rendement décuplé. Un investissement de 2,8 milliards de dollars américains permettrait d’éviter 20 millions de cas et de générer 28 milliards de dollars de retours sur investissement.

 

À l’approche de 2030, les progrès accomplis au fil des décennies sont menacés par le déclin des investissements et du soutien internationaux. Les coupes budgétaires et la baisse des investissements internationaux dans les programmes de santé, d’éducation et de protection de l’enfance entravent déjà les efforts de prévention des mutilations génitales féminines et de soutien aux victimes. De plus, la résistance systématique croissante aux initiatives visant à mettre fin aux mutilations génitales féminines, aggravée par des arguments dangereux les jugeant acceptables lorsqu’elles sont pratiquées par des médecins ou des professionnels de santé, constitue un obstacle supplémentaire à leur élimination. Sans financement adéquat et prévisible, les programmes de proximité risquent d’être réduits, les services de première ligne affaiblis et les progrès anéantis, exposant ainsi des millions de filles supplémentaires à des risques à un moment critique pour atteindre l’objectif de 2030.

 

Aujourd’hui, nous réaffirmons notre engagement et nos efforts, aux côtés de nos partenaires publics et privés locaux et internationaux, y compris les survivantes, pour mettre fin une fois pour toutes aux mutilations génitales féminines.

 

 

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

About Author